30.06.2006
Le clown...
Le clown est un personnage atypique… Il est celui qui nous fait rire, celui qui tombe, se mouille, glisse, met les pieds dans le plat… En fait, il est plutôt ridicule pourrait-on dire…
Et c’est vrai, il passe son temps à faire marrer les autres, sans que ceux-ci ne se demandent si sa condition à lui est plus enviable que la notre… Car celui qui fait rire est-il lui même à la hauteur de ce qu’il prétend ? Peut-il donner du bonheur aux gens sans lui-même atteindre cette plénitude qu’il prétend transmettre ?
Après tout, regardez tous les grands comiques… Ils atteignent la plénitude sur scène, quand leur rire se confond avec celui du public… Quand la communion est totale, quand l’addition de l’artiste et du public donne un seul résultat, le spectacle… Ils ne font donc plus qu’un…
Et le clown alors ? Lui aussi se donne devant un public. Lui aussi fait rire les gens. Mais une différence, une seule, vient casser la dynamique dans laquelle se love le comique…
Le clown ne rit pas…
Alors est-il triste ? Est-il trop concentré sur ses gags ? Est-il un personnage détaché schizophrène qui rit intérieurement de lui même et des autres mais dans une enveloppe fermée, austère, tout juste déguisée elle même en gag grossier tant le maquillage est gros ?
A l’annonce même de ces interrogations, on sait quelle alternative est favorisée…
Le clown est un fou… Il est joyeux d’apparence, prêt à tout pour faire rire, prêt à se déguiser, prêt à se grimer, prêt à mettre des habits ridicules…
Il faut être fou pour aimer se rendre ridicule… Il faut être fou pour aimer voir les gens rire de ce qui nous fait pleurer…
En lisant ce texte , on remarque quelque chose de particulier dans sa mise en forme… Il possède un premier paragraphe assez long et chacun des paragraphes suivants se fait alors de plus en plus court… Comme si on dépensait tout son souffle et que celui-ci se faisant rare, on avait alors du mal à en produire autant qu’au début… Jusqu’à ne faire une phrase d’une seule ligne, telle un dernier souffle… Et ce paragraphe là me direz-vous ? Il est bien long… Le dernier souffle n’est jamais court, n’est jamais un simple râle, n’est jamais paisible… Il est un formidable regain d’énergie de quelques minutes ou quelques heures qui nous font croire à une renaissance. On va de nouveau faire rire, c’est fantastique… C’est une supercherie… Après ce regain vient la fin… Un autre prendra sa place…
Le clown est mort, vive le clown…
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