26.09.2007
Des nouvelles du front…
Ma chère amie,
Plusieurs mois déjà sans nouvelles de ma part et tu dois te demander ce qu’il m’arrive, où je suis, qu’ai-je vu…
Ces dernières semaines ont été agitées. J’ai pu regagner mes foyers pour quinze petits jours où j’ai eu le malheur de perdre quelqu’un de très cher. C’est hélas la vie et elle tourne pour tout le monde pareil… Après ça, j’ai dû regagner les premières lignes où tout a bien tourné dans l’ensemble. Cela fût d’ailleurs relativement calme pour cet été, les interventions ne se multipliant pas plus que cela…
J’ai aussi eu la possibilité d’aller voir un ami en région parisienne, où cela tourne au moins autant que chez nous. Je l’ai aidé à se loger, il a pu avoir un bon appartement dans un coin tranquille… Le temps a été suffisamment médiocre pour que l’on soit obligés de crapahuter sous une bonne pluie durant quasiment tout le mois d’août…
La vie a suivi son cours jusqu’à ce que je reparte d’ici pour visiter une partie de la Bretagne… Quel plaisir de découvrir ces rochers, cette mer, cette vue, ces maisons, cette culture, et ce fest-noz… Et qu’est-ce que j’apprends ? Tu te découvres un petit pas de plus vers la vieillesse ? Non, pas la vieillesse, la maturité… Tu sais mon amie, le premier cheveu blanc est la porte d’entrée dans le monde adulte, ce monde de grands… Il est important de réaliser qu’appartenir à ce monde ne doit pas t’empêcher de rêver comme avant… Tu t’apercevras bien vite que le monde des grands est trop petit…
Quant à moi, il m’en est arrivé une bien bonne. Je ne sais trop comment, j’ai réussi à me blesser au genou. Une entorse bénigne du ligament latéral interne, côté droit de la mécanique… Et quatre jours d’arrêt, et plus si affinités… J’espère ne pas trouver d’affinités avec ça…
Voilà, ma chère amie, quelles sont les dernières nouvelles de chez moi…
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Commentaires
Cher ami,
Tout ce temps sans avoir la moindre de vos nouvelles. Tout ce temps passé à écouter le bruit du silence, à écouter le néant dans l'espoir d'avoir la moindre bribe de nouvelles de vous. Je me suis même surprise à écouter le vent parfois. Mais jamais il ne m'a apporté ce que j'attendais. Un mot, une parole, un rire, rien.
Vous avez perdu quelqu'un de cher, dites-vous. J'ai connu aussi ces situations improbables où le monde s'écroule autour de nous. "Un être vous manque, et tout est dépeuplé", disait notre ami. Je n'ai jamais voulu le croire, jusqu'au jour où l'inavouable est arrivé. La vie reprend son chemin. Les sourires sur les murs nous persuadent que tout cela n'est qu'un affreux cauchemar, mais la vérité nous envoie trop souvent des gifles en pleine figure. Ils ne sont plus, mais ils sont là, tout le temps. Même plus qu'avant. C'est ça le plus dur à accepter.
Un temps médiocre au mois d'aout dites-vous ? Il est vrai que par chez moi les pulls ont envahi notre hiver estival, mais que voulez-vous ? Notre lumineux septembre a envoyé tous les rayons perdus de son mois prédecesseur. Alors les gens sortent le nez de chez eux, regardent vers le ciel, ferment les yeux, et respirent enfin. Même les estomacs ont trouvé en ces quelques jours une belle récompense à ces heures passées torturés.
Ainsi donc êtes-vous allés dans la belle et mystérieuse contrée celtique ? Qu'y avez vous fait, à part festnozé la nuit durant ? La mer ne vous a-t-elle point appelé vers d'autres horizons lumineux ?
Un cheveu blanc est apparemment venu gêner votre amie. Malheureusement, ainsi va la vie, et le jour viendra où les premières rides viendront traumatiser le miroir. Mais qu'importe. Tant que. N'est-ce pas ?
Quant à l'entorse... N'auriez-vous pas trop vagabondé sur quelque rochers roses ?
Sur ces quelques mots, cher ami, je vais devoir vous laisser, le devoir m'appelle. J'espère que ces quelques lignes vous trouveront en bonne santé, poil au nez.
Ecrit par : Votre amie. | 28.09.2007
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