28.09.2006

La tranchée des baïonnettes

medium_a3_Verdun_-_tranchee_des_baionnettes.JPG Secteur de Douaumont, Meuse, le 11 juin 1916.
57 hommes du 137e Régiment d'Infanterie de Ligne qui se préparaient à un assaut sont enterrés vivants par l'explosion d'un obus.
Entre le 10 et 12 juin 1916, a eu lieu à cet endroit un effroyable bombardement.
Les fusils émergeant du sol marquaient l'endroit ou certains soldats avaient été enterrés vivants dans leur tranchée, et on baptisa le lieu « la tranchée des fusils ». On la renomma par la suite " tranchée des Baïonnettes ", un nom plus tristement évocateur.

Très impressionné par ces images, un banquier américain du nom de Georges T. Rand fit don de 500 000 francs pour la construction du mémorial qui abrite le site.medium_p46-04im.jpg
En juin 1920, le secteur fut fouillé par des équipes de travailleurs immigrés indochinois et italiens, travail particulièrement pénible, parmi les rats et les moustiques qui infestaient l'ancien champ de bataille. 47 corps furent mis au jour, dont 14 furent identifiés.

Plusieurs versions différentes ressortent pour justifier l'histoire réelle de cette tranchée.
L'une d'elle, celle du Lieutenant Polimann, explique que ce sont les Allemands qui, à la suite de la prise de la tranchée après les bombardements, ont enterrés les morts Français dans le boyau et ont laissé dépasser les fusils en guise de croix à côté de chaque soldat Français...
Le Lieutenant Foucher, autre rescapé du 137e, raconte que les fusils étaient posés contre le parapet de la tranchée parce que les soldats avaient les mains prises par les grenades dont ils devaient faire usage en premier, au moment du bombardement fatal. Lorsque la terre recouvrit les soldats, les fusils furent eux aussi prisonniers, la pointe dépassant de la surface...

La légende raconte qu'aujourd'hui encore, les morts montent la garde de la tranchée dévastée...